Groupe de réflexion, déclaration du 23 juin 2010
Notre position à l’issue des travaux du Groupe de réflexion du 23 juin 2010
sur l’Évolution du site du Champ de Mars
Bernard LOING
Vice Président Exécutif
1. L’Association des Amis du Champ de Mars est heureuse de participer à cette nouvelle réunion plénière, et se félicite de la poursuite des travaux du groupe, engagés maintenant depuis 15 mois. Plusieurs de ses membres ont participé aux travaux des 5 ateliers, et ont apprécié la qualité du travail effectué par les responsables des divers services concernés. On peut considérer qu’une bonne analyse de l’ensemble des problèmes a été conduite sur les grands champs d’investigation :
- Gestion quotidienne du site ;
- Accueil des touristes ;
- Gestion des événements ;
- Sécurité ;
- Innovation : patrimoine, dimension paysagère,et « gouvernance ».
On connaît le diagnostic ; on sait où en est le malade.
Nous pensons qu’il faut maintenant faire un relevé des propositions, atelier par atelier, puis pour l’ensemble du groupe, et déterminer quels remèdes appliquer en priorité. Ce relevé est en cours aujourd’hui.
Pour l’instant, Quelques mesures concrètes ont été prises, quelques toilettes installées, un colmatage peu convainquant des nids de poule de la rue Joseph Bouvard, une petite escouade de jeunes volontaires du servie civil pour l’encadrement et l’aide aux touristes. C’est encore très peu.
2. Dans le même temps, l’état du malade continue à s’aggraver rapidement, et l’évolution du site est très inquiétante. Nous sommes en particulier très préoccupés par la multiplication des événements et rassemblements spontanés, qui rassemblent soudain des milliers de personnes, et provoquent des dégradations considérables.
C’est ainsi que nous avons dénoncé, dans un courrier adressé à Monsieur le Maire de Paris, en date du 3 juin, deux événements de ce type qui ont eu lieu le samedi 29 mai : le gigantesque saut en roller devant la Tour Eiffel, le rassemblement des supporters du rugby à l’occasion de la finale du championnat de France. Nous jugeons la première de ces manifestations intempestive et injustifiée ; elle pose le problème de l’autorisation à accorder à de tels événements. La seconde, beaucoup plus dégradante pour le site, l’a une fois encore transformé en véritable champ de foire avec barbecue et forte consommation d’alcool.
Tout ceci est très inquiétant, et conduit notre association, qui a toujours voulu promouvoir conjointement Promotion et Protection du Champ de Mars, à privilégier ce second mot d’ordre.
Il faut décréter l’état d’urgence pour protéger le Champ de Mars !
C’est pourquoi dès maintenant nous voulons que l’on se penche sur la question de la surveillance et du gardiennage. Tous les grands jardins de Paris ont leurs gardiens. Il n’y en a pas assez au Champ de Mars. Un grand espace si fréquenté devrait disposer de plusieurs dizaines de gardiens, connaissant bien leur mission, et disposant d’une réelle autorité. Ils seraient évidemment épaulés par la police en cas d’urgence. C’est pour nous la première mesure, à prendre immédiatement, notamment suite à la publication du nouveau règlement des parcs et Jardins, plus « tolérant » que le précédent.
3. Cela ne signifie pas que nous nous désintéressons des questions d’avenir. C’est pourquoi nous pensons que la seconde mesure à prendre est de mettre à l’étude la Charte des Usages, déjà évoquée dans cette enceinte. Nous sommes prêts à collaborer à ce travail, et à y apporter nos propositions. Il ferait suite à la proposition d’un Comité Consultatif, déjà faite par Monsieur Chotard, et dont nous souhaitons la mise en place rapide. Une telle Charte des Usages, suivie de l’établissement d’un véritable Schéma Directeur, s’inscrirait pour nous dans un processus conduisant à terme à un système de gestion unique du site, sous la forme d’un Établissement Public.
Ces propositions témoignent de notre volonté de participer activement et directement à l’élaboration et à la mise en œuvre des mesures nécessaires, aux côtés des autorités responsables. Nous voulons que les travaux engagés se poursuivent. Nous aimons le Champ de Mars, et entendons bien le prouver !
