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Fan Zone : Suite ! ...

Rédigé le Mercredi 16 Novembre 2016 à 12:50 |


Nous assistons depuis des années à une dégradation continue du site du Champ-de-Mars. Au-delà du manque de moyens et de volonté politique, pour valoriser ce site, le souhait de la Mairie de Paris de faire du Champ-de-Mars un espace événementiel, a des conséquences dramatiques.

La Fan Zone, installée à l'occasion de la coupe du monde de football, en juin et juillet 2016, en est la parfaite illustration.


Fan Zone : Un impact catastrophique

La fan zone du Champ-de-Mars, installée dans le cadre de la coupe du monde de football, et permettant aux supporters d'assister sur un écran géant à une retransmission des matchs devait être un événement festif et convivial. Malheureusement, pour de nombreux parisiens, la fan zone a été un véritable cauchemar.

La gestion catastrophique de la Mairie Paris et des sociétés privées associées à l'événement a été lourde de conséquences, non seulement pour le site du Champ-de-Mars, mais pour tout un quartier.

Au-delà de l'absence de réelle concertation en amont de l'événement, avec les associations et les riverains,  les restrictions misent en place pour assurer la sécurité du site dans un contexte sécuritaire d'état d'urgence, ont pris en otage la vie quotidienne et économique de tout un quartier, de plusieurs dizaines de milliers parisiens.

Pour permettre à une minorité d'aller voir ces matchs sur écran géant, c'est la vie quotidienne de tout un quartier qui s'est arrêté.

Pour les habitants du quartier :

Parkings fermés, stationnement interdit, circulation interrompue, lignes de bus suspendues, passage de contrôle et fouille obligatoire pour rentrer chez soi (Avec des situations ubuesques comme pour ses habitants qui n'ont pas pu passer les contrôles avec des bouteilles d'eau alors qu'il revenait de faire leurs courses et voulait simplement rentrer chez eux...), temps de parcours pour se rendre à l'école pour certains enfants passant de 10 minutes à plus 30 minutes de marche par trajet, boîtes aux lettres de la poste hors service, appartements en rez-de-chaussée devant maintenir leurs volets fermés suivant les recommandations la préfecture (Ou comment on a demandé à des habitants de vivre dans noir pendant plus d'un mois et demi, Pour permettre à d'autres de voir un match sur écran géant ...). Je ne vais pas énumérer toute la longue liste des agréments que les habitants  riverains du Champ-de-Mars ont dû subir pendant plus d'un mois. La vie quotidienne rendue impossible par cette manifestation a poussé bon nombre d'habitants à fuir le quartier durant l'événement.

Pour les commerçants :

Les conséquences de la fan zone ont été économiquement dramatiques.

En effet, les retombées financières  du flux de supporters pour le quartier ont été quasiment nulles. Au niveau des transports publics, seul le métro a été maintenu pour permettre aux supporters d'accéder au site. L'immense majorité des supporters se rendant sur la fan zone, n'a fait que traverser le quartier sans s'y arrêter.

En effet, un village Commerciale a en effet été mis en place, dans lequel il était possible de trouver uniquement les produits  des sponsors. Nous estimons que l'activité économique de ce village viole de nombreuses lois et règlements. Nous nous interrogeons sur la vente d'alcool dans un espace vert et dans le cadre d'une manifestation publique, nous nous interrogeons sur l'implantation d'un McDonald en plein cœur d'un site classé par l'Unesco. 

Mais en parallèle, alors que Carlsberg obtenait de la mairie Paris l'autorisation de vendre de l'alcool dans un lieu où c'est normalement strictement interdit, les restaurants du quartier ont eu pour interdiction de monter leur terrasse à l'extérieur. En plein mois de juin et juillet, le manque à gagner est considérable.

De nombreux commerces ont vu leurs livraisons interrompues, des restrictions de circulation empêchant les livreurs d'accéder à leurs boutiques.

La perte de chiffre d'affaires a eu pour certains des conséquences catastrophiques et durables. Pour certains, c'est le travail de plusieurs années qui a été durablement fragilisées.

Grâce à l'intervention de notre président, Jean-Sébastien Baschet, sur les réseaux sociaux, à la mobilisation de tous qui en a découlé, et en particulier de la Maire du 7 ème, Rachida Dati, une procédure d'indemnisation a été mise en place par la préfecture de police.

Les dossiers sont en cours d'instruction. Nous resterons évidemment vigilants sur la suite qui sera donnée à ces demandes d'indemnisation. 

Car la vie du quartier est une composante essentielle du Champ-de-Mars.

Mais c'est une victoire en demi-teinte, car c'est finalement toute la collectivité qui va devoir payer, pour un caprice de la Mairie de Paris :  Le maintien de la fan zone contre l'avis du ministère de l'intérieur et du préfet de police de Paris.
 

Pour le site du Champ-de-Mars :

Les infrastructures mises en place  pour la création d'un village de commerçants, dans le cadre de la fan zone ont fortement impacté le site. Par exemple, les allées ont durablement été endommagées par le passage de véhicules et engins de travaux. 

Les restrictions de sécurité ont entraîné une fermeture totale du site pendant près de deux mois. Un barriérage peu esthétique a rendu inaccessible, environ 80 % du site.

La fan zone s'est donc imposé en se substituant et en interdisant tous les usages habituels et traditionnels du Champ-de-Mars : riverains, sportifs, écoles, touristes n'ayant plus accès au site.

Les destructions liées à la fan zone ont rendu nécessaire d'importants travaux de remise en état. Ainsi les pelouses, qui constituent le cœur du Champ-de-Mars et une partie importante de la superficie de ce site font l'objet d'un barrière rage peu esthétique depuis plus de cinq mois. La fin des travaux est prévue en décembre 2016, les pelouses auront donc été rendues inaccessibles plus de la moitié de l'année (plus de six mois) par cet événement (qui a duré en jours d'ouverture de la Fan Zone, environ 15 jours ... ! ).

Le coût de la remise en état est d'environ 500 000 € suivant les chiffres communiqués par la Mairie de Paris. Ils viennent s'ajouter aux 6 millions d'euros de subventions que la mairie Paris aurait versé pour la mise en place de la fan zone. 

Les fontaines du plateau Joffre n'ont pas été remises en état contrairement aux engagements des organisateurs. Elles sont à ce jour hors d'eau et laissées à l'abandon ...

Notre association refuse que le Champ de Mars soit privatisé contre l'intérêt général.

C'est pourquoi, nous avons initié pour la première fois de notre histoire, une action en justice.

Nous entendons dénoncer le non-respect de la réglementation et des lois en vigueur qu'entraîne nécessairement une exploitation événementielle de ce site.

Nous entendons ainsi nous mobiliser contre un changement d'affectation de cet espace vert que la mairie Paris souhaite transformer en espace événementiel.

Si vous souhaitez en savoir plus sur cette action juridique et nous soutenir, il suffit de cliquer ici !


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