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L'écologie mérite mieux que des contresens écologiques

 

  Les préoccupations écologiques ont évidemment une grande importance de nos jours. Une bonne part de la population parisienne et des élus les partagent peu ou prou. Cependant, c’est mal respecter ces aspirations que d’y répondre par des gadgets visant surtout des effets de communication.

  Le cas de la végétalisation du pont d’Iéna est, à cet égard, presque comique. La culture hors-sol de végétaux, de pelouses entières et même d’arbres est une prouesse technique, mais c’est aussi le comble de l’artifice. Faut-il rappeler que la chaussée du pont n’a rien à voir avec un sol et qu’il faut donc des infrastructures complexes pour suspendre la végétation dans des contenants réduits ?

  Il faut en outre être aux petits soins de cette végétation en situation très éloignée du milieu naturel. Il convient de la surveiller, de l’arroser, de la nourrir, de drainer les bacs et, probablement, de traiter les maladies qui ne manqueront pas de s’intéresser à ces plantes affaiblies. C’est évidemment tout sauf économe et écologique.

  Comment pourrait-on critiquer la culture de tomates hors-sol dans les pays du Nord, dénoncer leur caractère industriel, coûteux, artificiel, sans parler de leur manque de goût, alors qu’on ferait pire en plein Paris au nom de l’écologie ? Les responsables de ce projet croient naïvement être écologiques. Il faut leur expliquer qu’ils ont tout faux.   

  Certains invoquent la nécessité de favoriser la forêt à petite ou à grande échelle, où que l’on soit, en ville ou à la campagne. Imaginer que la forêt miniature du pont d’Iéna changerait quoi que ce soit, serait se donner bonne conscience à peu de prix. Ce serait surtout ignorer que la France connaît à une tout autre échelle une extension massive et continue de sa forêt, extension d’ailleurs problématique.

  Autre dimension : la qualité de l’air à Paris. On sait l’importance accordée par la municipalité et par un certain nombre de Parisiens à ce sujet. Le renouvellement de l’air dans la capitale est une variable importante. Il y a des endroits où les flux météorologiques sont ralentis par de nombreux obstacles et peu sensibles au niveau du sol. Le cours de la Seine, au contraire, est quasiment lisse et dégagé. Il constitue une sorte d’autoroute du renouvellement de l’air. Dans ces conditions, c’est une très mauvaise idée que de vouloir implanter un rideau d’arbres en travers sur le pont d’Iéna. Il faut, au contraire, laisser tous les ponts bien dégagés. C’est une erreur de croire qu’il suffit de parsemer le paysage parisien de grumeaux verts pour bénéficier de l’adhésion pavlovienne des associations écologiques. Certaines ont d’ores et déjà dénoncé le projet actuel de végétalisation du pont d’Iéna.

 

Pierre LAMALATTIE juin 2021

administrateur des "Amis du Champ-de-Mars"

 

 

 

 

Pierre LAMALATTIE juin 2021