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Ne pas contribuer à séparer les arrondissements extérieurs des quartiers centraux

 

 

  Quand on regarde le plan de Paris, on voit que le projet de grand site se traduit par un long barrage à la circulation des véhicules ordinaires, lequel va du milieu de la place du Trocadéro à la place de Fontenoy. Cela a deux conséquences prévisibles : La première est que nombre d’habitants résidant dans les rues des alentours, jusqu’à présent tranquilles, vont recevoir des flux de report importants, probablement assortis d’encombrements. Ceci accroît mécaniquement l’exposition des populations aux nuisances telles que bruit et pollution.

  Par exemple, la fermeture du nord de l’avenue de Suffren implique un détournement dans des conditions difficiles par la rue de La Fédération, axe secondaire jouissant actuellement d’un trafic très modéré. Le plus important est que cette longue barre contribue à séparer inopportunément les arrondissements extérieurs des quartiers centraux. Certes, le projet n’affecte pas les transports en commun, le vélo, la marche (sauf aux heures peu fréquentées, comme on l’a vu précédemment). Cependant, les transports automobiles, aussi mal considérés soient-ils, restent une part non négligeable de la communication entre quartiers de la capitale. Ils représentent un cinquième du total (hors marche).

  En outre, une part de ces déplacements sont peu ou pas substituables, en particulier s’il est question de charges, de personnes à mobilité réduite, etc. Les zones de Grenelle et de Passy voient ainsi leur accès automobile au centre de Paris en grande partie entravé. Pour le 15e , cet accès serait réduit à la partie sud-est (côté Montparnasse) par des voies telles que la rue de Vaugirard. Il faut rappeler que lors de la transformation du Champ-de-Mars en jardin, une des revendications essentielles a été que l’espace soit ouvert et traversé par des rues. Ces voies traversantes avaient certes un objectif de sécurité. Cependant, elles avaient aussi pour finalité de ne pas séparer les beaux quartiers du 15e ouvrier. Cette exigence urbanistique et sociale était en particulier ardemment portée par les 2 élus de gauche. Dans les premiers tracés, il était même prévu un double réseau ajoutant aux rues que l’on connaît des diagonales.


Pierre LAMALATTIE Juin 2021
administrateur des "Amis du Champ-de-Mars