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La perspective à la française exige le respect

des espaces vides.

 

 

  La perspective à la française exige le respect des espaces vides Paris brille par ses fameuses « trouées » qui actualisent les perspectives à la française du Grand Siècle. La vue du Trocadéro jusqu’à l’École militaire est l’une des plus extraordinaires, notamment par le fait qu’elle concerne des espaces verts et passe de façon spectaculaire sous les immenses arches de la tour Eiffel. La grandeur de ce genre de perspective tient au fait que le regard glisse tout du long. Il faut du vide et une part de minéralité.

  Malheureusement, les obstacles sur lesquels bute la vue ne cessent de se multiplier. La société de la tour Eiffel sature l’espace sous sa responsabilité d’une pullulation d’édicules et d’équipements qui obstruent la vue. On a le sentiment que cet organisme n’est pas sensible à la beauté des lieux qu’il exploite.

  Un désordre chaotique prévaut là où il faudrait de l’espace. Le projet de grand site prévoit d’encombrer étrangement le pont d’Iéna, d’abord de bacs et containers, puis d’arbres, également en bacs. C’est une grave erreur de compréhension de ce qu’est une perspective à la française. Au lieu de glisser, le regard va désormais, si je puis dire, buter, frotter.

  La minéralité de la chaussée peut, certes, être critiquable sur le plan thermique, mais elle apporte une inégalable impression de clarté et d’espace. En outre, ce pont encadré par quatre cavaliers néoclassiques (gaulois, romain, grec et arabe), avec des signatures comme celle de Préault, a une inspiration héroïque qui s’accorde mal avec les petites choses dont on va le verdir.

  Imaginerait-on qu’on remplisse les allées de Versailles de végétation au prétexte de les rendre plus vertes ?


Pierre LAMALATTIE Juin 2021
administrateur des "Amis du Champ-de-Mars"