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Ce n'est pas d'un budget d'investissement pharaonique dont le jardin a besoin, mais de crédits de fonctionnement suffisants.

 

  L’état de délabrement et de saleté du Champ-de-Mars a inspiré beaucoup de plaintes et de demandes de rénovation. Le plaisir de la promenade est ponctué de vues déplaisantes. Quelle différence avec d’autres jardins parisiens bien entretenus, comme Le Luxembourg, pris en charge par le Sénat !

  De plus, une certaine gêne gagne les Parisiens en songeant que ce lieu est pour beaucoup de touristes le premier contact avec la France. On ne compte plus, en effet, les poubelles débordantes, les déchets épars, la multiplication des rats et des corbeaux mettant à profit les restes alimentaires. Nombre de pelouses ont laissé place à des surfaces de terre battue et le mobilier en pierre est souvent manquant ou abîmé.

  Face à cette situation, la Mairie de Paris a choisi de répondre par un énorme projet motivé, semble-t-il, par un désir de prestige. Je crois que c’est une erreur. C’est un peu comme si, en arrivant dans une cuisine crasseuse où la vaisselle déborde, on décidait de tout casser et de confier à un grand designer international la création d’une nouvelle cuisine haut de gamme. Ce serait sans doute beau durant quelques jours. Cependant, si personne ne nettoie ni ne fait la vaisselle, on reviendrait vite au point de départ.

  Il faut des gens pour tailler, planter, arroser, désherber, surveiller, nettoyer. Force est de constater que les équipes en place, en dépit de leur talent et de leur bonne volonté, ne suffisent pas. Plutôt qu’une grosse somme pour une opération ponctuelle, il vaudrait mieux un budget plus modeste en continu pour permettre un entretien et une présence adaptés au site et à sa fréquentation.

  D’ailleurs, les Parisiens peuvent-ils approuver qu’en temps de crise on engage 120 millions d’euros pour une architecture qui ne dépasse guère le niveau du sol ? Pour être apprécié, ce chiffre peut être rapproché de l’indigent budget d’acquisition des musées de la Ville de Paris, de l’ordre de 2 millions d’euros. Il faudrait se souvenir aussi que beaucoup de bâtiments parisiens ont besoin d’être mieux entretenus. De même, dans un autre domaine, le loto du patrimoine de Stéphane Bern ne réunit, en dépit des efforts considérables de ce dernier, qu’environ 20 millions d’euros pour venir en aide à une multitude de besoins en France métropolitaine et des Outremers.

  Est-il vraiment raisonnable que la Ville de Paris engage pour cette affaire un budget pharaonique ?

 


Pierre LAMALATTIE Juin 2021
administrateur Amis du Champ de Mars